7 stratégies du jeu d’échecs

Devenez plus rusé

1)  Opter pour un jeu ouvert

La première clé pour devenir un expert de la stratégie des échecs est de proposer un jeu ouvert. C’est la meilleure façon de se créer des opportunités. Vous devez avancer vos pièces et tenter de maitriser le centre du jeu. Si vous vous enfermez dans un coin ou dans votre camp, vous laisserez à votre adversaire trop d’opportunités d’attaques. Il aura alors tout le loisir de préparer une attaque imparable.

Comment proposer un jeu ouvert ?

Sortir un maximum de pièces :

Je vous invite à commencer par sortir vos pions. Vous avez la possibilité d’avancer vos pions de 2 cases d’un coup lorsqu’ils sont situés sur leur rangé de départ. Vous pouvez avancer vos pions en escalade de façon à ce qu’ils se protègent mutuellement. Je rappelle qu’un pion attaque en avançant par la diagonale, si une de vos pièces est placée dans la diagonale d’un pion, cela créer une protection (votre adversaire pourra toujours capturer votre pièce mais il se fera alors capturer sa pièce par votre pion).

Ensuite, vous pouvez sortir vos pièces les plus puissantes : reine, cavalier, fou. Tentez de sortir plusieurs pièces en même temps. Cela vous créera plus d’opportunités et d’ouvertures.

Réaliser des attaques combinées :

Lorsque je réalise des offensives, j’implique toujours 2 à 3 pièces. Par exemple, j’avance un fou avec une protection de la reine et/ou du cavalier. Dans le point suivant, je vous montrerai comment protéger vos pièces.

Le fait d’avoir un jeu ouvert, vous permet d’attaquer par plusieurs côtés à la fois.

La meilleure défense c’est l’attaque :

Si vous attendez votre adversaire, vous perdrez. Il faut toujours être dans l’offensive ou dans la préparation d’une offensive.

Lorsque vous avancer une pièce de façon offensive, votre adversaire va déplacer une autre pièce de façon à se défendre ou se protéger. Dans ce cas de figure c’est vous qui maitrisez le jeu. En effet, vous choisissez votre action alors que votre adversaire subit vos offensives. Il ne pourra pas mettre en place de stratégies puisqu’il ne sera pas pleinement libre de ses actions.

A force d’attaquer votre adversaire, vous finirez par lui mettre un premier « échec ». Ceci est une première victoire car lorsque votre adversaire est mis « échec » il est contraint d’agir sur son roi, il perd alors un coup de jeu. Si vous multipliez les « échecs » tout en avançant vos différentes pièces, il perd totalement la main sur le jeu et n’a alors plus la possibilité de se déployer.

2)  Toujours protéger ses pièces

La deuxième clé à maitriser est la mise sous protection de vos pièces. Pour mettre en danger votre adversaire, vous devez réaliser des offensives tout en étant protégé. Vous trouverez ci-dessus deux situations d’offensives avec protection.

Dans la figure de gauche, le roi est mis en échec par la tour (« échec et mat » dans ce cas). Sans la présence du cavalier, la tour n’aurait pas de protection et serait à la merci du roi qui pourrait ainsi la capturer au prochain tour.

En protégeant toutes vos pièces, vous limitez le risque de les perdre. Dans l’exemple à droit, les blancs réalisent une offensive avec la tour. Celle-ci menace la reine noire. Dans ce cas la tour blanche est protégée par deux pièces : le pion en C2 et le fou en F1. Si la reine noire décide de capturer le tour blanche en prenant sa place, les blancs pourront capturer la reine par le pion ou par le fou.

Si la reine ne bouge pas, les blancs sacrifieront la tour pour capturer la reine. Ceci n’est pas dans l’intérêt des noirs (voir précédemment, le point sur l’arbitrage par la valeur des pièces). C’est pourquoi, les noirs vont probablement déplacer le cavalier noir de B8 à D7 ou le fou noir de C8 à D7. Cette action des noirs sera subie, l’adversaire perd un coup à jouer, puisqu’il n’a pas vraiment choisi cette action. Il commence à s’enfermer alors que les blancs ouvrent leur jeu.

Il est donc très important de protéger vos pièces dans vos offensives !

3)  Maîtriser et étudier les stratégies de bases :

Dans le jeu des échecs, il existe une infinité de stratégies. A force de jouer vous allez créer votre propre style de jeu et vos propres coups. Toutefois, il existe des stratégies très efficaces qui ont fait leurs preuves. Ce sont des fondamentaux, qui peuvent vous aider à mettre votre adversaire en difficulté. Je vous présente les principaux coups possibles avec des schémas. Ces situations sont des exemples qui devront être adaptés à chaque situation que vous rencontrerez.

Dans un premier temps, je vous invite à étudier ces stratégies. Ensuite, vous devrez jouer pour vous habituer à les mettre en place. Enfin, pensez à revenir sur ces stratégies de temps en temps, afin de prendre du recul et de faire évoluer votre style de jeu.

Le mat par la reine :

Le mat de la reine, est le coup le plus simple pour mettre un roi en « échec et mat ». Il consiste à utiliser votre reine pour bloquer le roi dans un coin, contre un bord ou entre d’autres pièces (voir l’exemple ci-dessus). Bien entendu, cette stratégie fonctionne uniquement si votre reine est protégée par une autre pièce. Si vous ne protégez par votre reine, le roi adverse la capturera.

Protection de la zone critique F2 et F7 : éviter le « coup du lion » ou le « coup du berger »

Tous les joueurs d’échecs ont un jour vécu la mauvaise expérience de perdre une partie en 3 coups par un « coup du berger » ou un « coup du lion ». Le cas ci-dessus est le « coup du lion ». Lors du prochain déplacement, la reine noire va se positionner en H4. Le roi sera alors mis en « échec et mat », puisqu’il n’aura aucun moyen d’en sortir. Le coup du berger diffère dans le sens où la reine noire viendrait se positionner directement en F2 tout en étant protégée, il n’y aura plus aucun moyen de recours.

Lors de chaque début de partie, il faut protéger la case F2 (croix rouge) qui est très sensible pour les blancs (pour les noirs, il s’agit de la case F7).

Pour ma part, lorsque je débute une partie, je déplace le cavalier blanc de G1 à H3 pour protéger la case F2. A noter, si vous proposez un jeu ouvert (clé numéro 1) vous serez moins sensible puisque le roi pourra s’échapper par les cases E2 ou D2.

Le danger vient de l’enfermement !

Le « mat du couloir »

Vous trouverez ci-dessus le « mat du couloir ». Il s’agit d’une situation dans laquelle le roi est enfermé par ses pions. Une telle situation est souvent provoquée par le déplacement spécial du « roque » (voir explication précédente).

La « fourchette »

La fourchette est l’un de mes coups préférés. Il est souvent imprévisible et est difficile à anticiper. A chaque fois que le roi est situé à une case d’écart avec la reine, vous pouvez mettre en place ce coup. Il consiste à utiliser votre cavalier afin de mettre le roi en « échec » tout en mettant en danger la reine. Dans la figure de gauche, le cavalier en B5 se déplace en D6. Nous arrivons à la figure de droite qui présente une situation d’ « échec » pour le roi. Le roi doit alors sortir de cet échec et va se déplacer de E8 à D8. Vous pourrez ensuite capturer la reine en C8. Vous perdrez probablement votre cavalier qui sera capturé par le roi, mais ce sacrifice vaut le coup : un cavalier contre une reine.

Le « coup du roi bouclier » :

Je réalise très souvent ce coup. Pour être tout à fait honnête je ne connais pas son nom, c’est pour cela que je l’ai nommé « le coup du bouclier ». Ce coup a pour objectif de prendre la reine de votre adversaire en sacrifiant votre tour. Ce coup est réalisable à chaque fois que le roi est placé devant sa reine. Vous pouvez aussi bien le réaliser avec une tour qu’avec un fou.

Dès que vous observez que le roi est devant sa reine, je vous invite à mettre ce roi en échec (voir figure de gauche). Le roi se retrouve en situation d’échec et doit se déplacer. La reine de votre adversaire se retrouve donc vulnérable (voir figure de droite), vous pouvez ainsi la capturer avec votre tour (qui sera sacrifiée) : une tour contre une reine. 

Variante « coup du bouclier » :

C’est un coup que j’affectionne particulièrement puisqu’il est très discret. Dans le cas exposé ci-dessus, il semble assez facile à identifier. Toutefois, il est possible de mettre ce coup en place dans des dispositions beaucoup plus discrètes au cours d’une partie.

L’objectif est de prendre la reine de votre adversaire. Pour ce coup, nous devons utiliser deux pièces : une tour et un fou. La position initiale est présentée dans la figure de gauche. Votre tour blanche en E2 est face au roi adversaire, toutefois, votre fou en E4 empêche une mise en échec (votre adversaire, n’est donc pas prévenu puisqu’il n’est pas en « échec »). Vous déplacez votre fou de E4 à F5, puis vous annoncez « échec » à votre adversaire par la tour en E2. Votre adversaire est donc obligé de sortir de cet échec. Vous en profiterez pour capturer la reine de votre adversaire (voir figure de droite).

Le « mat en tiroir »

Le « coup du tiroir » est un coup très basique mais redoutable. Il suffit de bloquer le roi adversaire sur un bord avec deux pièces de type tour ou reine. Dans ce cas, le roi est en échec et mat puisqu’il ne peut plus se déplacer sans être échec (voir croix rouge). Il est aussi possible de réaliser ce coup avec deux tours.

Le « mat par la diagonale »

Le « mat par la diagonale » reprend le principe du « mat du tiroir » en bloquant le roi sur un bord. Toutefois dans ce cas, il s’agit d’utiliser des pièces de type fou ou reine. Il est possible de réaliser ce coup avec seulement deux fous. Ceci peut être très intéressant lorsqu’il ne vous reste que peu de pièces en fin de partie.  

Le « mat à l’étouffé »

Dans le « mat à l’étouffé », vous devez bloquer le roi dans un coin avec deux pièces : la tour et le cavalier. C’est la tour qui met le roi en échec avec la protection du cavalier. Ce coup est très intéressant, puisque c’est l’un des seuls coups possibles lorsqu’il ne vous reste plus qu’une tour et un cavalier (ce qui peut être le cas en fin de partie).

Le « mat des arabes »

Le « mat des arabes » est à utiliser lorsque votre adversaire a procédé à un déplacement en roque (voir précédemment dans ce guide). C’est pour cette raison que je ne vous conseille pas de pratiquer un tel déplacement.

Il existe deux variantes, la première version à gauche consiste à placer un cavalier qui pourra mettre le roi en échec malgré la protection de la tour et des pions. Celui-ci est enfermé et ne pourra pas s’échapper.

Dans la deuxième version à droite, nous sommes face à un très beau coup. Le roi est mis en échec par le cavalier. Le pion noir situé en face du roi ne peut pas capturer le cavalier puisque la tour blanche menace le roi. Si le pion bouge, le roi est mis en échec. Il s’agit donc d’un échec et mat.

Je vous invite à retenir ce coup. Il pourra retourner la situation lorsque votre adversaire réalisera un roque. Généralement un joueur qui réalise un roque se pense en sécurité et intouchable. Ce coup est difficile à anticiper et presque impossible à parer.

Chercher le « échec et pat »

Malheureusement, il vous arrivera dans certaines parties de vous retrouver en très mauvaise posture. Vous aurez perdu trop de pièces clés au cours du jeu, et il vous sera impossible de gagner. Dans ce cas, il vous restera encore une solution : rechercher le « échec et pat ». L’« échec et pat » est le match nul du jeu des échecs. Il intervient lorsque vous ne pouvez plus bouger vos pièces, sans pour autant être en « échec et mat ».

Dans la figure de gauche, le roi n’est pas échec, pourtant il ne peut plus bouger. Dans ce cas, c’est un match nul et aucun joueur ne gagne la partie. Pour obtenir le match nul, vous devrez bloquer tous vos pions. Il vous faudra probablement sacrifier vos dernières pièces car tant que vous pourrez jouer un coup, le « échec et pat » sera impossible à obtenir.

Un autre cas de match nul, c’est le cas de la figure de droite, où les deux rois se retrouvent seuls en face à face. Ils ne pourront jamais se retrouver côte à côte. Cette situation est le reflet d’une partie longue et assez pauvre en qualité de jeu, mais cela arrive lorsque les joueurs ont manqué d’inspiration.

4)  Savoir anticiper les coups

La quatrième clé est la maitrise de l’anticipation. La majorité des stratégies présentées ci-dessus se préparent en plusieurs coups. Je vous invite donc à anticiper un maximum. Vous devez prévoir vos prochains coups. Si vous parvenez à anticiper vos 4-5 prochains coups, il vous sera plus facile de gagner la partie.

Imaginez également des plans B ou C en fonction des actions de votre adversaire, tout en proposant un jeu ouvert. Les plus grands champions d’échecs arrivent à prévoir jusqu’à 10 coups à l’avance, ce qui demande une forte gymnastique intellectuelle.

Attention toutefois à ne pas trop vous focaliser sur vos propres stratégies en oubliant votre adversaire. Vous devez agir également en fonction des actions de votre adversaire. Il vous faut à la fois prévoir vos prochains coups et ceux de votre adversaire.

5)  Etre observateur

La cinquième clé à maitriser est l’observation. Il est très intéressant et utile de mettre en place des tactiques, mais il ne faut pas pour autant oublier le joueur adverse. Avant de mettre en place un coup, regardez le dernier déplacement de votre adversaire. Il faut regarder s’il n’est pas en train de mettre en place un coup contre vous. Il faut pouvoir reconnaitre les schémas de stratégies de votre adversaire (notamment ceux évoqués précédemment).

A force de jouer, vous allez prendre l’habitude d’identifier les 3-4 potentiels prochains coups de votre adversaire. Vous pourrez alors contrer ses stratégies.

Ce point a été l’une de mes principales faiblesses à mes débuts. J’étais tellement concentré dans la mise en place de mon plan, que j’en oubliais les déplacements adverses. Ceci m’a souvent été fatal… Un coup de la fourchette est si vite arrivé. D’où l’importance de bien analyser le dernier déplacement de votre adversaire.

Ne vous précipitez surtout pas. Chaque action à son importance et détermine la suite du jeu.

6)  Jouer et pratiquer :

La sixième clé peut sembler évidente mais elle est indispensable. Il faut s’entrainer pour s’améliorer. Il n’y a rien de magique, tous les grands champions ont cumulé des heures et des heures de pratique. Les cinq premières clés vont vous permettre d’accélérer votre progression, mais cette sixième clé est obligatoire pour progresser.

Jouer puis réétudier les stratégies.

Après avoir cumulé plusieurs parties, je vous invite à prendre du recul et à analyser vos forces et vos faiblesses. Vous pouvez également revenir sur les stratégies évoquées précédemment. Réfléchissez à des moyens pour les appliquer.

Trouver un partenaire et s’entrainer

Pendant longtemps, j’ai joué aux échecs avec mon père. Il était plus fort que moi et m’a permis de progresser. Puis, au collège et au lycée je m’étais inscrit aux différents tournois d’échecs proposés dans les écoles, ceci m’a permis de rencontrer des adversaires différents et de m’exercer. J’avais également un ami qui aimait ce jeu, nous avons joué des après-midi entières les mercredis et les weekends.

Aujourd’hui, je n’ai plus de partenaire de jeu régulier. J’ai donc trouvé un autre moyen pour m’exercer : le jeu par ordinateur.

Jouer en ligne ou contre un ordinateur :

Aujourd’hui, je joue énormément sur mon ordinateur ou mon téléphone (notamment dans les transports). Sur mon téléphone Androïd, j’ai téléchargé le jeu gratuit « 3D Chess Game » qui propose un jeu aux graphismes très corrects et avec un niveau de difficulté évolutif. La jouabilité du jeu est très bonne, je vous le recommande.

Vous pouvez également jouer gratuitement avec d’autres joueurs en ligne. En tapant « jeu d’échec en ligne gratuit » sur Google vous trouverez  des dizaines de plateformes gratuites qui vous permettront de rencontrer d’autres joueurs. Attention, sur les jeux en ligne vous risquez de rencontrer des joueurs très expérimentés. C’est aussi un bon moyen de se challenger.

 

7)  Prendre du plaisir et s’amuser !

Cette dernière clé est essentielle. Vous devez vous amusez et prendre du plaisir. Ceci est vrai pour toutes les disciplines que vous pratiquerez. Les réussites sans plaisir ne sont jamais durables. Si vous voulez progresser de façon durable vous devez vous amuser.

Le jeu des échecs est parfois très complexe et nécessite du temps, surtout au début. Ne vous découragez pas et pratiquez en vous amusant. Ne vous sous-estimez pas, tous les joueurs ont eu des débuts hésitants.

N’abandonnez pas, vos efforts et votre entrainement va finir par payer. Une fois que vous maitriserez ce jeu, vous prendrez un immense plaisir à y jouer. Vous apprécierez également transmettre vos tactiques et vos conseils aux plus novices, et pourquoi pas à vos enfants ou petits-enfants.

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